Partager l'article ! Un chemin.: Je cherche le silence intérieur. Je n'ai pas pu le faire jusqu'à présent. J'ai bougé bien trop vite et dans une mauvaise ...
Je cherche le silence intérieur.
Je n'ai pas pu le faire jusqu'à présent.
J'ai bougé bien trop vite et dans une mauvaise direction ces dernières années.
J'ai pratiqué la fuite en avant, pour ne pas avoir à regarder mon ombre, le seul moi réel, me dépasser.
J'ai vécu des réussites qui ressemblaient à de la chance,
et des echecs qui ressemblaient à des réussites.
J'ai accueilli les deux et les ai embelli jusqu'à transformer mon histoire
et ma vision du monde.
Je me suis fabriqué un mensonge pour apprendre à m'aimer.
On m'a aidé dans ce mensonge, par paresse ou par faiblesse,
ou par manque ou excès d'intérêt.
J'ai donc emprunté le seul chemin possible des fuyards qui est en fait une impasse, avec au bout un miroir.
Je suis arrivé au bout. J'ai regardé cette personne s'approcher à grand pas. Je ne la connaissais pas. Elle paraissait plus grande et plus solide que moi. Elle me parlait mais aucun son ne
sortait du miroir. Et je suis sûr que si j'avais entendu, je n'aurais pas compris ce qu'elle disait.
Je suis resté un moment sur place, à m'apercevoir avec surprise que je n'avais plus de force ni de souffle après cette course. J'y suis encore, mais les battements de mon coeur ont ralenti et je
respire presque normalement. J'attend que cette image finisse de se lasser et s'en aille. Elle va bientôt disparaitre en même temps que ce miroir et je pourrai voir ce qu'il y a derrière.
Peut-être un mur ou une ruelle éclairée par des réverbères, peut-être un chemin de campagne bordé de haies et de rosiers...
Je sais que je n'ai qu'à imaginer le chemin pour qu'il soit exactement comme le le désire.
Pour le moment je reprend mes esprit, je calme ma pensée et mon corps.
Je préfère la campagne immuable à la ville tumultueuse.
J'atteindrai bientôt le silence intérieur. Le lieu où se découvrent les formes du monde et les sons primordiaux, les archétypes et la musique des sphères. De là que sortent les évidences et les
réponses aux questions.
Je ressens dans cette impasse une présence, amicale. Une femme.
C'est comme une sensation de chaleur sur mon visage.
Un effleurement, le toucher d'une caresse sur ma joue. Elle chuchote à mon oreille et sa voix est aussi douce et puissante qu'une brise. Cette femme m'apaise par ses mots et ses gestes tendres.
Elle me dit de rester immobile encore un peu. Le temps pour elle aussi de récupérer son énergie. Elle me propose de parcourir le chemin qui s'offrira à nous, ensemble. Nous pourrons nous parler
et nous tenir la main pour nous encourager, si une côte se fait ardue. Elle me montre des images, comme le repos du soir près d'une cheminée, serrés l'un contre l'autre pendant que la neige
tombera au dehors. Ou bien le matin sous une couette, collés, riant doucement et écoutant la pluie qui tombe à verse, nous regardant et pensant au même moment qu'il serait mieux de ne pas se
lever...
J'aime cette femme, elle est simple et droite. Je ne me sens pas menacé ou ennuyé par sa présence, bien au contraire.
Cette fois-ci, je ne courrai pas sur cette route.
Je marcherai tranquillement en appréciant le paysage qui s'offrira à nous, et cette femme m'accompagnera.
Elle me l'a dit, avec un sourire.
Et je la crois...
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